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PrestaShop · juin 2026 – août 2026

Recommander sans vendre, l'arbitrage entre confiance et revenu tenu par le design dans l'assistant IA du back-office

Les suggestions de modules de la marketplace d'Addons PrestaShop, cadrées par un pivot documenté et livrées en code jouable plutôt qu'en maquette

Capacité démontrée · Tenir un arbitrage stratégique entre confiance utilisateur et revenu, et le rendre exécutoire par le design : un principe traduit en règles d'interface vérifiables et en métriques de dérive

Rôle
Head of Product Design, owner de la discovery, de la conception à la livraison en code
Période
juin 2026 – août 2026
Statut
partial
Équipe
Binôme designer-PM, équipe de développement de la squad en revue de flow et en intégration
Tags
ai · design-to-code · discovery · ethique · e-commerce
Wireframe de l'assistant ouvert dans le back-office : le panneau de conversation, ses suggestions, et la barre d'états jouables du playground

Wireframe volontaire · les écrans réels se montrent sur demande

Contexte

L'assistant IA du back-office PrestaShop répond déjà aux questions des marchands dans leur contexte de travail. La discovery explorait un pas de plus : lui permettre de suggérer des modules de la marketplace d'Addons PrestaShop quand un marchand exprime un besoin. Le sujet croise la première douleur marchande, trouver le bon module, et un pilier de revenu de l'écosystème.

Problème adressé

Construire une recommandation algorithmique au moins aussi digne de confiance qu'un conseil humain installé depuis des années, dans un produit qui porte aussi un intérêt commercial légitime. Une suggestion perçue comme vendue ne coûte pas un clic : elle désactive la confiance dans l'assistant entier. La tolérance à l'erreur envers une IA est quasi nulle, et une partie des règles d'affichage vit dans les instructions du modèle, donc jamais garantie par le code.

Mon rôle

Head of Product Design, owner de la discovery en binôme avec le produit : recherche, benchmark, cadre de recommandation, conception et livraison des parcours en code. Sans autorité sur la priorisation business, qui reste à la direction, ni sur l'intégration finale, qui reste aux développeurs. Le go de fin de discovery est collectif et n'est pas signé au moment où ce cas est écrit.

Approche

Discovery structurée de bout en bout : recherche terrain, cas d'usage resserré sur le marchand qui cherche activement un module, benchmark des assistants du marché, puis exécution directement en code. Chaque décision a été passée au filtre d'un même fil rouge, se comporter comme une agence de confiance, pas comme un vendeur, et chaque règle posée devait être vérifiable dans l'interface ou mesurable en dérive.

Décision clé

Résultats

Ce que ça a produit

Implication AI

Place de l'AI dans le projet

Double implication. Le produit lui-même est un assistant IA : les états de réflexion du modèle, les erreurs de flux et les limites de ce que le LLM contrôle ont été traités comme des objets de design à part entière. Et la conception s'est faite en code, avec Claude Code comme binôme de fabrication : les flows ont été construits, itérés et démontrés dans un playground jouable plutôt que dessinés en maquette.

Preuves

Ces visuels sont des wireframes volontaires : le travail réel vit dans des démos jouables, qui se montrent en direct. Demandez à les voir .

Lire le développement complet · 6 min

La confiance existe déjà, elle est humaine

Un marchand qui cherche un module ne manque pas d’options, il en a trop. La recherche marchande est sans ambiguïté : trouver le bon module est la première douleur exprimée. Surcharge de choix, filtres qui ne parlent pas le langage du besoin, fiches difficiles à comparer, et la peur récurrente de casser la boutique en installant le mauvais module.

Le signal décisif n’était pas la douleur, c’était le contournement. Face à ce mur, le marchand quitte le back-office : Google, sa communauté, ou les quelques modules que son agence lui conseille. Une recommandation de confiance existe déjà dans sa vie. Elle est humaine, installée depuis des années, et pardonnée quand elle se trompe. L’assistant ne se bat pas contre le vide : il se bat contre elle, avec une tolérance à l’erreur quasi nulle.

Deux lectures du même sujet

La marketplace d’Addons PrestaShop est un pilier économique de l’écosystème : chaque module vendu fait vivre un éditeur et la plateforme. La lecture naturelle du sujet suivait cette pente : un assistant qui recommande des modules, c’est un canal de mise en avant de plus.

La recherche disait autre chose. Les études externes compilées, encore à consolider, convergent : une mise en avant commerciale cachée crée un sentiment de manipulation ; la même mise en avant, assumée et étiquetée, renforce la confiance sans tuer l’intérêt. Le vrai risque n’était donc pas de rater des ventes. C’était qu’une seule suggestion perçue comme vendue désactive la confiance dans l’assistant entier, y compris pour tout ce qu’il fait déjà bien.

La pertinence plafonne le revenu, jamais l’inverse

Trois options étaient sur la table. Suivre la pente commerciale, revenu d’abord : rentable à court terme, intenable dès la première suggestion perçue comme vendue. Refuser toute dimension commerciale : irréaliste, l’écosystème finance le produit. Ou inverser la hiérarchie : la pertinence d’abord, le revenu en effet de bord, la transparence assumée.

La troisième option a été actée en binôme avec le produit et documentée au journal de décisions : l’assistant aide le marchand à trouver le bon module pour un besoin qu’il exprime. Jamais un module recommandé au-dessus d’un autre significativement plus adapté, et la nature de chaque suggestion reste visible. Le fil rouge qui a guidé toutes les décisions suivantes tient en une phrase : se comporter comme une agence de confiance, pas comme un vendeur.

Cette décision n’a pas été prise une fois pour toutes. La pente commerciale est revenue dans les échanges en cours de route ; le cadre documenté a servi de point d’appui pour la re-poser. Un pivot de ce type est un cadre tenu dans le temps, pas un acquis.

Des règles vérifiables plutôt qu’une intention

Un principe qui reste une intention cède à la première pression. Le pivot a donc été traduit en règles dont chacune se vérifie dans l’interface. La recommandation vient après la réponse au besoin, jamais à la place. Deux recommandations par conversation au maximum, trois modules affichés au plus. Les modules déjà installés ou incompatibles n’apparaissent pas. La nature de chaque suggestion est affichée. Et quand rien de fiable ne correspond, l’assistant le dit : un état vide honnête plutôt qu’une suggestion médiocre. Le benchmark du marché a situé l’exigence : aucun produit observé ne réunit ces trois gestes, nommer la nature de la recommandation, donner la raison décisive, savoir dire non.

Restait à protéger le cadre contre sa propre érosion. Un garde-fou métrique à seuil complète les règles : si le taux de retours négatifs sur les messages avec recommandation franchit son seuil, une action est déclenchée, même si les indicateurs business sont au vert. Une mesure anti-illusion l’accompagne : les modules encore actifs trente jours après installation. Un module installé puis désinstallé est un succès commercial et un échec utilisateur ; le compter comme une victoire reviendrait à mesurer la dérive comme un progrès.

Une page Figma restée vide

Un cadre de ce type ne se prouve pas en maquette. Un produit conversationnel se juge en mouvement : états de réflexion du modèle, latence, erreur de flux en pleine réponse, installation qui échoue à mi-chemin. Ce sont ces moments qui décident de la confiance, et aucune image figée n’en rend compte. Les parcours ont donc été conçus directement en code, dans un playground jouable branché sur les vrais composants du produit ; la page Figma du projet est restée vide.

Le playground rejoue une dizaine de scénarios typés, du besoin explicite à l’objectif business, avec leurs états de succès, d’erreur et de recovery. La carte de recommandation existe en trois déclinaisons, du format compact au format déplié, et un configurateur fait varier les contenus et exporte la source de chaque variante. Chaque règle du cadre devient ainsi vérifiable état par état, en cliquant, pas en la supposant.

Ce mode de livraison a changé la conversation avec l’équipe de développement. La revue de flow s’est faite dans le navigateur, en manipulant. À la fin, les développeurs ont récupéré des composants et un contrat de données explicite, pas des maquettes à interpréter, avec une réserve dite telle quelle : les composants sont prêts, rien n’est plug-and-play, l’intégration reste à câbler. Claude Code a servi de binôme de fabrication sur tout le chantier ; la vitesse d’itération en code a rendu tenable ce qui aurait demandé des semaines d’allers-retours de maquettes.

Le cadre a filtré chaque compromis

La valeur d’un cadre se lit dans les compromis qu’il impose. Quatre sont documentés.

La barre de progression d’installation est simulée, faute de données réelles. Plutôt qu’inventer un pourcentage, l’animation montre les étapes réelles, téléchargement puis installation, sans précision qu’on n’a pas.

L’achat ne se fait pas dans l’assistant. Pour un module payant, le parcours renvoie vers la fiche de la marketplace : les cas de tarification sont trop nombreux pour être traités proprement dans un panneau de conversation, et un achat mal géré coûterait plus de confiance qu’un renvoi assumé.

Le modèle choisit en partie ce qu’il affiche. Les règles de tri et de filtrage vivent pour partie dans les instructions données au LLM, pas dans le code : rien n’y est acquis par défaut, chaque garde-fou doit être vérifié en conditions réelles.

Enfin, la première version exploite la recherche existante du catalogue dans un contexte conversationnel, sans construire de moteur de recommandation. Aligner cette attente avec les parties prenantes fait partie du travail de design autant que les écrans.

Un chantier en cours, écrit comme tel

Ce cas n’est pas un bilan. Au moment où ces lignes sont écrites, le chantier est en cours côté PrestaShop : aucune métrique d’usage n’existe, et le go collectif de fin de discovery n’est pas signé.

Trois hypothèses critiques attendent leur verdict, chacune outillée avec ses signaux de mesure. La première : en affichant la nature de la recommandation, la raison décisive et les signaux de confiance, le marchand installe au lieu de retourner vers son agence. La deuxième, la plus risquée : la recherche du catalogue fonctionne par mots-clés et c’est le modèle qui filtre ; si la pertinence n’est pas au rendez-vous, une seule suggestion hors sujet suffit à détruire la confiance. La troisième, le pari du pivot lui-même : la transparence construit l’usage répété sans faire chuter la conversion.

Dans six mois, ces trois lignes auront une réponse. La question qui comptera alors n’est pas de savoir si les parcours étaient réussis : c’est de savoir si le cadre a tenu quand les chiffres sont arrivés.

Mon mandat s’est achevé en août 2026, avant le go collectif. La discovery a été transmise avec ses instruments : le playground rejouable, le cadre de recommandation documenté, le garde-fou métrique, les hypothèses outillées. C’est précisément pour ce genre de passage de main qu’un principe se traduit en règles vérifiables plutôt qu’en conviction orale.

Enseignement

Un principe de design qui n'est pas traduit en règles vérifiables, en états d'interface et en métriques de dérive reste une opinion : il cède à la première pression. Quand la valeur utilisateur et le revenu se croisent dans une recommandation, la pertinence plafonne le revenu, jamais l'inverse ; c'est la seule position qui protège les deux à long terme.

Dernière mise à jour · août 2026

Écrit avec terquedad colombiana, dans le sud de la France.

Pas avec amour, avec du contexte et un agent patient.

Encore en train d'apprendre.

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